Un dispositif mondial existe
Depuis 2016, il existe le dispositif mondial « Hidden Disabilities Sunflower* » qui fournit aux aéroports partenaires, des cordons tournesol permettant de signaler un besoin d'assistance au personnel et qui dispense une formation sur les besoins des personnes ayant un handicap invisible. En 2026, 325 aéroports dans le monde sont partenaires du programme. Pour la France, Charles de Gaulle, Lyon, Nice et Orly sont concernés. Cependant, les compagnies aériennes l’adoptent, également, de plus en plus.
Ce cordon (tour de cou motif tournesol) est disponible dans les aéroports concernés et remis gratuitement sur demande.
De plus en plus d’aéroports dans le monde s’équipent également d’espaces sensoriels pour une attente au calme. D’autres s’engagent davantage pour les personnes autistes en proposant des simulations de vol afin de se préparer en condition réelle.
Certains clubs aéronautiques proposent également des baptêmes de l’air pour les enfants en situation de handicap. Avoir déjà eu une expérience positive pourra permettre de lever certaines craintes.
La communication avec l’équipage sera essentielle pour limiter les temps d’attente, connaitre les adaptations possibles et gérer certaines difficultés.
Pour que le voyage en avion soit mieux toléré, il faudra permettre à l’enfant d’en comprendre l’intérêt
Le vol est une étape, l’avion est quant à lui un moyen de transport pour se rendre sur un lieu où l'enfant pourra retrouver des repères/des routines, faire des activités qui lui plaisent ou encore rejoindre des proches. Il sera donc important de le préparer au voyage dans sa globalité, en incluant le vol en avion comme une étape.
Noter les dates du séjour ou utiliser des pictogrammes à placer dans son calendrier visuel.
Présenter la destination en montrant l’emplacement sur une carte ainsi que des photos ou des vidéos des lieux (surtout s’ils ne sont pas habituels). Le trajet de l’avion peut également être dessiné sur une carte. Montrer des photos du lieu où il séjournera (hôtel, maison de vacances, camping…). Il est également important de le rassurer sur la possibilité de garder certaines routines (dormir avec son doudou, disposer de ses aliments préférés, pouvoir avoir accès à certains rituels…).
Détailler les activités prévues, notamment celles qui sont certaines d’avoir lieu (sans préciser de dates en cas d’imprévu). Il est important de laisser peu de place au doute, il faudra éviter les phrases du type : « S’il fait beau, nous irons à la plage… », « Si on a du temps on ira visiter… » …
Expliquer le déroulement de chaque étape (utiliser un séquentiel visuel si nécessaire) avant l’arrivée à l’aéroport (le trajet en voiture, en métro, en train…), dans l’aéroport et l’arrivée à destination.
Expliquer le déroulement d’un voyage en avion
Préparer un séquentiel visuel avec des pictogrammes adaptés pour chaque étape (arrivée à l’aéroport, sécurité, embarquement, décollage…) ainsi que des pictogrammes relatifs aux consignes de sécurité et le conserver en cabine pour qu’il puisse s’y référer.
Même pour un enfant verbal, le séquentiel visuel peut être rassurant. Il est possible, également, d’utiliser des livres pédagogiques illustrés pour enfants ou de lui montrer des vidéos explicatives pour le préparer quelques semaines avant.
Préparer le passage de la sécurité
Si l’enfant dispose d’objets dont il a du mal à se séparer, l’étape du contrôle peut être un moment délicat.
Il est important qu’il sache que ses affaires vont passer sur le tapis roulant puis qu’il pourra les récupérer. Il est possible de lui montrer l’exemple avec un proche qui passerait avant lui. De même pour les objets laissés en soute.
Pendant l’attente, lui proposer de regarder les valises être transportées dans l’avion (si la visibilité le permet). Des scénarios sociaux peuvent également être proposés en collaboration avec les professionnels qui l’accompagnent.
Prévoir le nécessaire pour gérer les hypersensibilités
Casque antibruit ou bouchons d’oreilles, tenue confortable…
Des objets sensoriels et familiers comme un fidget**, un collier à mâcher, un antistress, un doudou …
Le collier à mâcher peut-être utile pour aider à équilibrer la pression au décollage et à l’atterrissage. Il peut également permettre de réduire le stress. Si le collier à mâcher ne lui convient pas, avoir sur soi ses bonbons préférés sera une très bonne option.
L’utilisation des toilettes dans l’avion
L’accès pouvant être restreint pendant le vol (turbulences, décollage, atterrissage, file d’attente…), il faudra pouvoir lui proposer régulièrement d’aller aux toilettes.
Pour un enfant dont la propreté est encore fragile, l’utilisation d’une couche culotte pourra être nécessaire.
Les toilettes dans les avions peuvent être bruyants, aussi il faudra penser à y aller avec son casque anti-bruit. Un accès aux toilettes pour les personnes à mobilité réduite peut également être demandé pour plus de confort.
Avoir des alternatives pour les repas
Si l’enfant présente des sélectivités alimentaires importantes ce moment risque d’être compliqué à gérer pour lui sur les vols longs ou moyen-courriers.
Emporter en cabine des collations qu’il aime en quantité suffisante pour la durée du vol (penser à réaliser les achats nécessaires après le contrôle de sécurité notamment pour les boissons).
Renforcer les bons comportements
Penser à le féliciter dès qu’il franchit une nouvelle étape, quand il attend de manière adaptée, quand il respecte bien une consigne...
Réduire le stress
Si ses proches sont stressés ou énervés, l'enfant sera stressé et pourra déclencher une crise.
En cas d’imprévu, revenir au planning visuel pour le modifier avec lui et expliquer les changements.
Prévoir des médicaments si nécessaire
En fonction du profil sensoriel de l’enfant, le voyage en avion peut entrainer de nombreux désagréments (maux de tête, sensations désagréables, nausées, vomissements…).
Dans ce contexte il est possible d’évaluer avec son médecin traitant la possibilité de mettre en place une médication à utiliser en cas de besoin.
Découvrez la petite vidéo de 2 minutes pour mieux vivre l'autisme.org :
* Hidden Disabilities Sunflower : tournesol des handicaps invisibles
Pour en savoir plus sur ce dispositif mondial : https://hdsunflower.com/uk/
En France, 80 % des handicaps sont invisibles. C'est à dire que ces handicaps, maladies chroniques ou affections, ne sont pas apparents. En revanche, les difficultés qu'ils peuvent engendrer sont bien réelles. Depuis 2016, l'initiative mondiale "tournesol des handicaps invisibles" permet aux porteurs du tournesol d'indiquer qu'ils sont concernés et peuvent avoir besoin d'inclusion, de compréhension et d'acceptation.
** Fidget : petits outils antistress