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Professionnels de santé

Professionnel de santé : réagir lorsqu’une personne autiste est en situation de crise

Médecins généralistes, infirmières, dentistes, pédiatres, orthophonistes : vous êtes amenés à travailler auprès d'enfants ou d'adultes autistes ? Tout d'abord, vous devez savoir que ces patients peuvent présenter des signes et des comportements inhabituels qui risquent de vous interpeller et qui doivent vous alerter. Parmi ces situations, vous pourrez observer différentes formes de crises (liées à des comportements agressifs, de l'angoisse, de l’hypersensibilité…), mais aussi des épisodes dépressifs.

L'agressivité et la violence chez une personne autiste

Parmi les comportements agressifs qu'une personne TSA peut développer, vous pourriez assister à des crises de colère, d'agressivité envers les autres voire de l'autoagressivité. Sachez que ces manifestations peuvent intervenir pour différentes raisons : des problèmes somatiques, des difficultés au niveau sensoriel, un changement d'habitude ou une frustration. Bien que rarement intentionnels, les comportements agressifs chez un enfant ou un adulte autiste peuvent nuire au déroulement de votre consultation. Pour réduire les risques de comportements agressifs, voici quelques recommandations à appliquer :

  • anticiper l'impact des comportements agressifs et violents ;
  • tenir un journal comportemental si vous suivez régulièrement un patient autiste ;
  • diminuer les réactions liées aux sensibilités sensorielles spécifiques de votre patient ;
  • adapter votre communication.

Autisme et dépression

La dépression est un trouble psychiatrique qui touche fréquemment les personnes TSA, et notamment celle avec un syndrome d'Asperger. À partir de l'adolescence, les personnes autistes prennent conscience de leurs difficultés à développer une vie sociale, mais également à comprendre et à exprimer leurs émotions. Ces perceptions peuvent entraîner chez elles des troubles dépressifs. Si vous travaillez auprès d'un adolescent ou d'un adulte TSA, celui-ci peut présenter des signes alarmants que vous devez prendre compte le plus tôt possible :

  • des changements d'humeur ;
  • une perte de plaisir ;
  • des troubles du comportement alimentaire et du sommeil ;
  • des pensées suicidaires.

Votre patient a du mal à exprimer ce qu'il ressent ? Malgré tout, essayez de lui faire verbaliser ses difficultés afin de mieux comprendre ce qu'il vit au quotidien. N'hésitez pas non plus à orienter votre patient vers un confrère psychologue, psychothérapeute ou psychiatre formé au TSA qui saura l'aider à résoudre ses difficultés.                         

L'hypersensibilité chez une personne TSA

Les enfants et adultes autistes peuvent développer une réaction exacerbée aux différents stimuli sensoriels. Ce trouble est communément appelé hypersensibilité. Si vous avez un patient autiste hypersensible, vous remarquerez notamment qu'il aura du mal à supporter les lumières, les lieux bruyants ou les contacts physiques. Face à ces stimuli, il va se trouver dans un état de stress intense, qui peut engendrer des réactions extrêmes (cris, pleurs, comportement agressif, crise d’angoisse…). Pour y remédier, il existe différentes solutions :

  • adapter votre environnement à l'hypersensibilité de votre patient, par exemple en installant des lumières douces ou en prévoyant du matériel spécifique (casque anti-bruit, timer) ;
  • anticiper et expliquer les situations stressantes ;
  • confronter petit à petit votre patient autiste aux différentes situations ;
  • faire appel à des confrères ergothérapeutes et/ou psychomotriciens formés au TSA.

L'hyposensibilité chez une personne avec autisme

Les personnes TSA peuvent être moins sensibles, voire insensibles à certains stimuli de leur environnement (douleur, températures…). Ce phénomène, appelé hyposensibilité, engendre chez elles une recherche de sensations fortes (bruits forts, lumières vives, pressions fortes…) et un besoin de stimulation. Si vous avez un patient autiste hypo sensible, vous pourrez notamment remarquer qu'il va s'agiter en permanence, faire beaucoup de bruit ou se confronter à des risques de blessure. Vous pourriez donc être témoins de comportements qui doivent retenir votre attention. Toutefois, pour faire face à l'hyposensibilité d'un enfant ou d'un adulte TSA, vous pouvez effectuer certaines adaptations comme :

  • l'installation de matériels stimulants, que ce soit dans la salle d'attente ou dans votre cabinet, voire un espace sensoriel (approche snoezelen par exemple) ;
  • la mise hors de portée du matériel dangereux ou fragile ;
  • les massages avec des objets vibrants ;
  • les activités de compression ou de traction.

Autisme et crises d'angoisse

Accueil, attente, bruit, lumière, situations imprévisibles… tels sont les facteurs susceptibles de déclencher des crises d'angoisse chez les personnes TSA. Lors d'un rendez-vous médical, elles doivent faire face à des situations qui leur font peur et les stressent. Découvrir un lieu qu'elles n'ont jamais vu ou rencontrer beaucoup de monde sont des circonstances qui les angoissent. Même le déroulement d'un examen ou de soins peut devenir une source prégnante d'anxiété. Pour réduire les risques d'une crise d'angoisse chez un enfant ou un adulte autiste, voici quelques pistes que vous pouvez suivre :

  • planifier le déroulement de vos consultations (lieu, durée, motif…) ;
  • verbaliser les situations angoissantes qui peuvent intervenir ;
  • gérer le temps d'attente ;
  • s'adapter aux particularités sensorielles liées à l'autisme.