Prendre l'avion

Voyager en avion peut être une expérience stressante pour un adulte autiste, en raison de l’environnement bruyant, des temps d’attente, de la concentration de personnes dans des zones restreintes et de l’imprévisibilité. Toutefois, avec une bonne préparation et quelques outils adaptés, il est possible de rendre ce moment beaucoup plus confortable et sécurisant.

L'adulte

Le tour de cou tournesol

Porter un tour de cou tournesol, également appelé « Hidden Disabilities Sunflower », peut être très utile dès l’arrivée à l’aéroport. Ce signe discret permet d’indiquer au personnel que l’on est porteur d’un handicap invisible, sans avoir à s’expliquer longuement. Ce cordon (tour de cou motif tournesol) est disponible dans les aéroports sensibilisés et remis gratuitement sur demande. Dans de nombreux aéroports, cela peut faciliter la communication, permettre d’obtenir davantage de patience, voire un accès à des files prioritaires ou à une assistance adaptée. Ce tour de cou permet également d’avoir sa carte de priorité accessible et visible.

La carte d’identification personnelle

Il est également fortement recommandé de préparer une carte d’identification personnelle, à conserver à portée de main ou autour du cou avec sa carte de priorité. Cette carte peut contenir votre nom, une mention indiquant son autisme, ses besoins spécifiques (par exemple : besoin de calme, difficulté avec le bruit ou les contacts physiques), ainsi qu’un numéro de contact d’urgence, s’il est impossible de s’exprimer notamment en cas de crise. Cette carte peut être plastifiée ou enregistrée sur son téléphone. Elle sera très utile en cas de difficulté à communiquer.

Prévoir le nécessaire pour gérer les hypersensibilités

Pour faire face aux stimulations sensorielles de l’aéroport et de l’avion, il est essentiel de prévoir des objets réconfortants. Un casque anti-bruit ou à réduction de bruit active est particulièrement recommandé pour limiter les sons environnants. Préparer une playlist de musiques apaisantes et emporter des lunettes de soleil pour la luminosité, un objet sensoriel ou un petit objet familier rassurant. Prévoir des produits pour soulager l’inconfort occasionné par le vol (par exemple : baume à lèvre, lingettes, crème pour les mains, gommes à mâcher, collation préférée…). Tous ces éléments doivent être facilement accessibles dans votre bagage cabine. Porter des vêtements confortables et facile à retirer pour pallier aux changements de températures pendant le vol.

Une bonne préparation

La préparation est une autre clé essentielle. Connaître à l’avance les différentes étapes du parcours va réduire l’anxiété.  De nombreux aéroports proposent, sur leurs sites internet, des visites virtuelles afin de se familiariser avec les lieux.

Pour des vols européens ou internationaux, Il est conseillé d’arriver à l’aéroport environ deux à deux heures trente avant le départ. Une fois sur place, il faudra passer successivement par l’enregistrement des bagages, le contrôle de sécurité, et éventuellement le contrôle des passeports. Ces étapes peuvent prendre entre 20 et 40 minutes chacune et impliquent parfois de l’attente et des interactions. Il est important de prendre son temps et de lire les indications calmement. Prévoir plus de temps permet de s’octroyer des pauses et réduit le stress.

En salle d’embarquement, s’installer dans un endroit calme et préparer les futures étapes du voyage (repérer sa place dans l’avion, faire une visite virtuelle de l’aéroport d’arrivée, repérer le lieu de la navette…). Lors de l’embarquement, des files peuvent se former, mais l’utilisation du tour de cou tournesol peut faciliter cette étape.

Une fois dans l’avion, il est recommandé de s’installer confortablement dès que possible et de sortir du bagage cabine les objets utiles. Pour éviter le stress lié à l’attente, vous pouvez privilégier l’utilisation des toilettes adaptées (toilettes pour personnes en situation de handicap), car elles sont généralement plus spacieuses, moins fréquentées et plus propres.

La communication avec le personnel de bord est également importante. Si nécessaire, indiquer être autiste et vos besoins. Montrer sa carte d’identification peut être une aide précieuse en cas de difficultés à verbaliser.

Enfin, quelques stratégies simples peuvent aider à mieux vivre le voyage : prévoir du temps pour chaque étape, avancer progressivement sans se presser, s’accorder des pauses, et pratiquer des autostimulations pour se calmer (écouter une musique qui réconforte, regarder une vidéo ou lire un livre sur un intérêt spécifique…). Visualiser le parcours à l’avance, par exemple avec des vidéos ou des plans d’aéroport, peut aussi contribuer à réduire l’incertitude.

En résumé

Grâce à une bonne organisation, à l’utilisation d’outils adaptés comme le tour de cou tournesol, une carte d’identification, un casque anti-bruit et des objets réconfortants, ainsi qu’avec une anticipation des étapes du voyage, prendre l’avion peut devenir une expérience beaucoup plus accessible et sereine.